ANQUE DE VOLONTE POLITIQUE EN RDC | 16 août 2010
Un scandale géologique inefficacement exploité
Le territoire de la RDC regorge de métaux divers dont les quantités estimées ont fait dire
à plusieurs observateurs que ce pays est un véritable scandale géologique. Les réserves de
cobalt de la RDC, définies au sens économique du terme, sont évaluées à 3,4 millions de
tonnes, soit 49% des réserves mondiales (US Geological Survey).
Pourtant, après des décennies d’intense exploitation par les sociétés publiques, des années
de négligence et de dilapidation, la signature depuis 2004 des dizaines de contrats
miniers, à la suite de la promulgation d’un nouveau code minier, n’a pas encore généré
les effets attendus. L’impact sur les finances publiques et sur l’emploi reste
Un scandale géologique inefficacement exploitéé. Dans sa phase finale, le barrage hydroélectrique d’Inga a un potentiel de production de
42.000 MW, ce qui en ferait l’un des plus grands producteurs d’énergie hydroélectrique
au monde, pouvant éclairer toute l’Afrique. Le potentiel hydroélectrique du pays est
évalué à 100.000 MW. Pourtant, aujourd’hui, la RDC est un pays à faible accès à
l’énergie électrique : 6% de ménages Congolais seulement avaient accès à l’énergie
électrique peu avant 1998 (30% en milieu urbain et 1% en milieu rural). Ce taux de
desserte représente 1/4 de la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui est de 25%. La
RDC ne dispose actuellement que d’une capacité installée de 2.516 MW, soit 2,5% du
potentiel disponible.Habitée par une population nombreuse (60 millions d’habitants) et jeune (60% ont moins
de 20 ans), elle se révèle incapable de se défendre contre les envahisseurs moins
nombreux, jaloux de son étendue et avides de ses biens. Peuplée de femmes et d’hommes
«religieux et croyants », la RDC a une population au comportement souvent contraire aux
principes et règles éthiques qui fondent les civilisations des nations.
Consciente et fière d’une élite intellectuelle nombreuse, elle est conduite par une élite
dirigeante dépourvue de bonne culture politique. Dotée d’une devise nationale qui exalte
la justice, celle-ci est mal rendue au point de devenir un outil d’oppression de citoyens.
Pour se donner bonne conscience, qui les exonère d’intuitions et d’actions politiques
concrètes en vue du bien de la Nation, d’aucuns chargent la colonisation belge. Selon
eux, elle aurait réduit le Congolais à l’infantilisme, à la soumission rampante. Le
pays aurait accédé à l’indépendance sans préparation de sa population pour
affronter les nouveaux défis et enjeux politiques, économiques, sociaux, etc. Et
pourtant, pris en mains par ses propres filles et fils, le pays s’est vite révélé, comme un
géant aux pieds d’argile. En RDC, la question n’est plus, de savoir si l'Etat doit intervenir ou non sur le marché. Il
s’agit plutôt d'imaginer des combinaisons Etat-Marché (Public-Privé) à la fois plus
originales et plus efficaces, et qui intègrent suffisamment toutes les préoccupations
importantes des parties concernées.
Tout montre que l’Etat congolais est un entrepreneur ambitieux mais distrait parce qu’il
n’a pas de culture de bonne gestion. Si l’on veut sauver l’essentiel de son portefeuille
d’entreprises, il paraît indispensable de recourir au partenariat Public-Privé. Le
Partenariat Public-Privé est à recommander parce qu’il est une approche pragmatique qui
peut concerner le capital ou la gestion ou les deux à la fois ou encore la sous-traitance. Il
n’existe pas de formule magique. Mais l’expérience de ce pays permet d’énoncer
quelques principes clés, pour qu’il y ait un partenariat efficace et soucieux des intérêts
nationaux :
- ouvrir le capital aux partenaires qui apportent des ressources financières et le « know
how » dont l’entreprise a besoin. En d’autres termes, il faut privilégier les partenaires
compétents et intéressés au projet par leurs mises.
- choisir des partenaires bien connus dans le secteur et non des individus ou groupes
dont on ignore les intentions réelles. Cela est important surtout dans les secteurs
stratégiques tels que les secteurs de l’eau, de l’énergie, des infrastructures et des
transports.
- intéresser le personnel de l’entreprise au partenariat même à titre symbolique.
-approcher les partenaires bilatéraux de la RDC pour la gestion commune de certaines
entreprises – spécialement dans le domaine des infrastructures – en fonction de leurs
intérêts, ressources et expériences. Les entreprises homologues de leurs pays peuvent
être partenaires à celles de la RDC.
De toute façon, l’efficacité du partenariat Public-Privé dépend de la capacité de
négociation de l’Etat , des différents mécanismes de gestion et de suivi des projets à
mettre en place , de l’implication, dans le processus de mise en place, des collectivités
locales dans lesquelles les projets sont implantés ainsi que des agents de l’entreprise
concernée. Un diagnostic préalable sur les différents aspects du projet est un gage de
succès pour les actions à entreprendre. Il faut aujourd’hui une vive CONSCIENCE pour repenser en profondeur l’école et l’université
congolaises. De façon générale, le nouveau système éducatif doit participer au
développement et à la mise en valeur des ressources humaines en les aidant à prendre une
part active à la création de la richesse nationale et à la vie politique de la collectivité, en
les aidant à satisfaire leurs besoins culturels et à mener une vie plus digne. Dans un pays
où 31% d’enfants âgés de 6 à 15 ans n’ont pas accès à l’école, où les disparités entre filles
et garçons s’aggravent de jour en jour, il faut se fixer des repères. A ce titre, les objectifs
du millénaire en matière d’éducation sont de bons repères : assurer l’éducation
fondamentale à tous les enfants congolais et promouvoir l’égalité des sexes à
l’enseignement primaire, secondaire et, dans la mesure du possible, au niveau supérieur
Le Congo est malade et pauvre. Travaillons pour son redressement.Une prise de conscience collective s´avère impérative.