LA REALITE N`EST PAS LA VERITE: NOUS SOMMES PAUVRES/RDC
par Christian Lonsa, mardi 22 septembre 2009, à 11:40
Devenue indépendante le 30 juin 1960 après cinquante deux ans de colonisation belge (1908 – 1960) la République Démocratique du Congo est un Etat de l’Afrique Centrale limitée à l’Ouest par la République du Congo Brazzaville, au Sud par l’Angola et la Zambie, à l’Est par la Tanzanie, le Burundi, le Ruanda et l’Ouganda, au Nord par le Soudan et la Centre Afrique, au sud-ouest par l’Océan Atlantique. Le pays dispose d’importantes potentialités agricoles, halieutiques, forestières, hydroélectriques, géologiques et humaines.
Avec une superficie de 2.345.000 Km², la RDC est l’un des pays les plus vastes et les plus diversifiés du continent Noir où elle y occupe la troisième place, après Algérie et le Soudan.
Positionnée à cheval sur l’Equateur, la RDC projette un quart de son territoire dans l’hémisphère Nord et trois quart dans l’hémisphère Sud. L’ensemble du territoire est ainsi fort et bien arrosé avec des précipitations qui dépassent presque partout les 1.200 mm par an. Cet avantage pluviométrique permet de cultiver toute l’année dans la zone dans les parties Nord et Sud selon les saisons de pluies.
Sa population est estimée actuellement à + 60.000.000 d’habitants selon l’Institut National des Statistiques (INS) sur base du dernier recensement fait en 1984.
Son fleuve appelé Congo est l’un des plus longs du monde (plus de 4.700 Km) avec une aire de drainage de 3,5 millions Km², son basins déborde le territoire national dont il couvre les deux tiers.
L’hydrographie de la RDC est l’une des plus riches de l’Afrique à cause de l’existence de + d’une trentaine de grandes rivières et d’une quinzaine de lacs. Ainsi le pays détient 50% des ressources d’eau douce de l’Afrique. Ses eaux continentales et marines renferment un potentiel de production halieutique évalué à + 707.000 tonnes de poissons par an (1)
Son paysage végétal est fait, d’une part, dans la Cuvette Centrale, d’une forêt dense de type équatorial vierge qui recouvre 43% du territoire, recèle près de 300 essences exploitables comme bois d’ouvrage, représente 47% des ressources forestières de toute l’Afrique et, d’autre part, d’une savane herbo-arborescente, entrecoupée ça et là des forêts-galeries et /ou forêts clairières.
Le massif forestier du pays qui comprend 125 millions d’hectares, peut fournir au commerce environ 100 millions de m³ de bois par an.
Les formations forestières recèlent par ailleurs une faune et une flore riches et variées susceptibles de soutenir une grande activité touristique et scientifique en même temps qu’elles constituent une grande réserve des ressources protéiques pour la population.
Son potentiel hydroélectrique est évalué à 106.00 MW équivalant à près de 300 millions de tonnes de pétrole par an (1), grâce à la Côte d’Inga, à l’embouchure du fleuve et à la présence sur l’ensemble du territoire des chutes et rapides au passage du réseau hydrographique des principaux éléments du relief.
L’un des pays les plus riches au monde en minerais divers, le pays possède un important potentiel géologique, l’indice minier énumère une trentaine de substances minérales exploitables, des plus connues aux plus rares, tels que l’uranium, le colombo-trutalite, le nobium, le cuivre, le cobalt, l’or, les diamants, le manganèse, le Zinc, le coltan, le pétrole, le gaz méthane, de schistes bitumeux et de sables asphaltiers à Mawume ( Bas-Congo)
Enfin, son étendue ainsi que la variété des conditions agro-climatiques favorisent la production d’une large gamme de denrées alimentaires et le développement de l’élevage de gros et petits bétails.
De 1960 à 1965, l’Etat nouvellement indépendant venait d’hériter d’une situation socio-économique globalement prometteuse en possibilité de développement mise en place par les colonisateurs belges consistant à développer le marché intérieur du Congo en multipliant et en diversifiant les capacités productives des peuples autochtones. Le pays jouissait d’une bonne infrastructure de départ et disposait d’une respectable capacité humaine en terme de travailleurs qualifiés du degré moyen. Par contre il lui manquait cruellement la quasi totalité des cadres supérieurs et universitaires par la volonté délibérée du colonisateur, la capacité locale autonome de maintenir, de promouvoir et d’accélérer le processus interne de développement., Cette lacune a eu par la suite des conséquences désastreuses sur l’évolution de la situation politique, économique et sociale du pays
L’orientation politique donnée le 30 juin 1960 par le 1er Ministre du premier gouvernement congolais en cette matière fut de faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière et de ne pas seulement compter sur ses propres forces énormes et ses richesses immenses, mais aussi sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont il acceptera la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à lui imposer une politique quelle qu’elle soit.
Malheureusement, les cinq premières années de l’indépendance ne lui permirent pas d’améliorer sa situation socio-économique ni d’en modifier ses structures dans la mesure où le pays lui-même était devenu le théâtre de troubles sanglants, notamment dans les régions du centre et de l’Est. Aucun programme de développement n’a été établi.
Les autorités de la première République limitèrent leurs actions à la seule gestion des installations mises en place par l’autorité coloniale belge. L’économie du pays a pratiquement stagné au cours de cette période à cause des méfaits des sécessions et de rebellions contre le pouvoir central.
Les richesses de cet immense territoire, sa position géographique au cœur du continent noir, aux avant-postes de l’Afrique Australe, elle aussi très riche mais encore sous domination blanche, ne pouvaient pas laisser les grandes puissances étrangères indifférentes.
La Belgique elle-même, mais aussi les Etats-Unis d’Amérique, la France et la Grande-Bretagne entre autres, ne pouvaient laisser la situation du Congo échapper à leur emprise du jour au lendemain.
Les pays socialistes, de leur côté, pouvaient difficilement ne pas voir dans le soudain effondrement du pays une occasion inespérée de battre en brèche les intérêts et l’influence de leurs adversaires occidentaux. Les uns et les autres profitèrent de cette situation pour utiliser les rivalités tribales et les conflits des personnes qui, dans de telles circonstances, ne pouvaient que se développer rapidement favorisant ainsi la sécession et les guerres tribales au Congo. Le conflit s’internationalisa avec l’intervention de l’ONU, des Belges, de l’URSS et des Etats-Unis d’Amérique.
Voilà pourquoi de nombreuses missions de l’ONU ont été effectuées au Congo pour aider la jeune République à réinstaurer la sécurité territoriale, assurer la continuité des services administratifs et sauvegarder les vies humaines en envoyant les casques bleus ou Forces d’Intervention de l’ONU et des fonctionnaires, d’une part ; et en apportant l’aide alimentaire sous divers aspects afin de contrecarrer l’action de la balkanisation du pays, d’autre part.
Voilà également pourquoi, durant cette période, un certain nombre des projets mixtes exécutés souvent avec difficultés à cause de la rébellion, sécession et guerres tribales ont été mis dans l’impossibilité d’en déterminer, soit les résultats, soit les causes d’échecs.
De 1965 à 1997, la deuxième République avait réussi à mettre en place, tant bien que mal, divers programmes de redressement socio-économique notamment le plan quinquennal, le plan Mobutu, le plan de stabilisation économique etc...
Ces programmes mirent l’accent sur le principe d’un développement au service de l’homme congolais pour son épanouissement.
Sur fond de déséquilibre structurel de production et de service, l’économie du pays connaît une évolution contrastée, montrant par moment sa capacité de diversifier sa production et d’accroître ses exportations grâce à l’investissement privé pendant la période allant de 1967 à 1974, et celle d’ajustement des années 1983-1989.
Le bon comportement du Commerce extérieur a dispensé le pays de recourir au crédit « Stand-by » du FMI prévu pour conforter la réforme monétaire.
Sur l’ensemble de ses exportations, l’agriculture seule fournissait 15% et la production minière en avait 61% (1)
En pourcentage du total des exportations des marchandises à destination des pays développés : 94% en 1960 et 81% en 1977.(2)
Quant aux importations, la RDC demeura fidèle à ses partenaires traditionnels de 1967 à 1971, l’Union belgo-luxembourgeoise venait en tête, suivie par les Etats Unis d’Amérique.
En 1971, la France et le Japon avaient occupé la troisième position. Mais après un recul sensible de l’Amérique du Nord en 1972, la tradition fut de nouveau respectée en 1973, (1) les maïs et la viande ont été les produits les plus importés au Congo.
La mauvaise gestion de l’économie de la RDC remonte alors aux années 1970 d’abord avec l’expansion soudaine des recettes d’exportation qui a suscité une euphorie et un excès de confiance qui amenèrent le Gouvernement à accroître les dépense de consommamtion et à s’endetter lourdement à l’extérieur pour financer essentiellement des projets de prestige et certains autres à rentabilité économique incertaine, ensuite lorsque fut décidée en 1972-1974 la « Zaïrianisation » de toutes les entreprises et des commerces appartenant aux étrangers.
La gestion chaotique de biens zaïrianisés par des nouveaux propriétaires sans aucune expérience de gestion conduira à une banque route que la rétrocession de ces biens aux anciens propriétaires, quelques années plus tard , ne parviendra pas à redresser.
Les petites entreprises de l’intérieur (plantations diverses, huilerie, savonneries etc…) qui utilisaient une main-d’œuvre locale ont été fermées jusqu’à ce jour. (2) Il faut ajouter aussi le volume excessif d’emprunts extérieurs, le repli des cours des produits d’exportation et la montée en flèche des prix pétroliers et la poursuite d’un endettement extérieur à ces conditions plus favorables.
La politique d’ajustement structurel proposée par le FMI et appliquée de 1978-1980 réussira à redresser momentanément la balance de paiement, mais ce fut au prix de lourds sacrifices humaines. Cette politique a engendré un trait d’effets pervers ses traduisant dans le domaine social par la paupérisation endémique et accélérée de la population de la stagnation, on a fini par passer au déclin. On remarque notamment qu’une hausse de prix à la consommation atteignant pour la ville de Kinshasa, une moyenne de 400% par an pour les trois dernières années, n’a pas été suivie d’une augmentation conséquente’ des salaires. La dégradation du pouvoir d’achat est d’autant plus dramatique qu’elle affecte de façon particulière les gagnes petits, soit la majorité de la population.(2)
Pour relancer son économie ruinée et améliorer, le niveau de vie de sa population, l’Etat n’a pas hésité à faire appel à la Coopération Internationale, notamment à l’assistance des pays amis et des Agences du Système des Nations Unies tels que FAO, PNUD, Banque Mondiale, FMI et Union Européenne dans le cadre de la convention de Lomé. Le Chef de l’Etat lui-même dans sa politique d’ouverture au monde avait entrepris diverses tournées dans les capitales occidentales où il devait plaider en personne le dossier Congo afin d’obtenir les concours financiers indispensables de la communauté internationale sans pouvoir aliéner sa souveraineté et sans pouvoir accepter aucune forme d’humiliation. (3)
Cette tournée avait porté ses fruits en Belgique, Canada, RFA, France, Italie, USA, Japon et Chine populaire dans le cadre de la coopération bilatérale, et également auprès des Agences du Système des Nations-Unies déjà précitées pour la coopération multilatérale.
A titre d’exemple, l’exécution de certains projets de développement a été financée par les partenaires extérieurs à travers les zones de concentration convenues de commun accord avec le gouvernement congolais afin d’éviter le dédoublement et surtout le chevauchement.
Dans le secteur agricole par exemple :
- La coopération belge intervenait dans les projets d’action complémentaires situés à Ngungu et Idiofa dans le Bandundu, Businga et Bwamanda à l’Equateur, INERA/Yangambi, Ngandajika et Tshibashi dans le Haut-Congo, Kasaï-Oriental et Kasaï-Occidental.
- La coopération canadienne au Nord-Kivu dans la production et commercialisation des produits vivriers avec CECOPANE (Pommes des terres, petits poids et haricots verts) et SPIAF dans le Bas-Congo.
- La coopération allemande dans la CODAIK (ou compagnie pour le développement agricole intégré au Kwilu-Kwango) et fermes semençières au Sud-Kivu avec l’élévage intensif de bovin au centre d’élevage de Mushweshwe
- La coopération italienne à Feshi (Bandundu) pour la production des maïs et élevage dans le Bas-Congo également.
- La coopération française pour la production des cultures maraîchères à Kinshasa/Ndjili brasserie et à Mbanza-Ngungu (Bas-Congo).
- La coopération chinoise pour la culture du riz irrigué et l’élevage des canes à Ndjili, à Lubumbashi et Gbadolite, y compris la production industrielle du sucre à Lutokila (Haut-Congo)
- La coopération japonaise pour la construction du pont Mobutu à Matadi et la fourniture des engins motorisés (véhicules, tracteurs etc.. pour la production agricole)
- Les Etats-Unis d’Amérique pour les Etudes et Planification Agricole ainsi que la formation des cadres congolais en master dans les Universités américaines, recherches agricole appliquées et vulgarisation (RAV).
- La FAO, PNUD, Banque Mondiale au projet de l’INERA et service National Semencier (SENASEM)
- Le FED dans la plantation des palmiers à huile à GOSUMA (Equateur)
- La BAD pour la production d’eau potable avec la REGIDESO.
Bref, les projets concernant les cultures vivrières demeuraient pour la plupart dans le cadre de la coopération bilatérale entre le gouvernement congolais et les pays amis ou autres institutions de financement. Tel est le cas du Programme National Maïs (PNM) qui bénéficia de l’assistance de l’USAID, de CIMYT et du FED, tandis que le Programme National Manioc (PRONAM) celle de l’Institut International d’Agriculture Tropical (IIAT) et USA, la riziculture étant confiée à la Mission Agricole Chinoise. Le domaine forestier fut presque sous le contrôle de la coopération canadienne tandis que les cultures d’exportation ont été encadrées par les institutions financières internationales (BIRD-BAD-BADEA, FED etc..) pour le développement du palmier à huile et coton, et relance de la théiculture au Kivu.
Voilà pourquoi, de 1968 à 1974, le pays avait connu une période de prospérité dans presque tous les domaines avec une croissance économique de 5% par an et 630 dollars US de PNB par habitat.(1)
Mais hélas, les réalités actuelles ne sont plus les mêmes. La RDC est en peril. Suite aux differents pillages, les structures économiques sont detruites. La poursuite de la prédation des richesses du pays fait que le pays reste au point zéro. Le manque de leadership carismatic entraine une confusion au sein de la population.
L´avenir du pays est entre nos mains, agissons!